Recherche :





Evacuation par la force du sit in de l'Opposition le 2 mai 2012










07.06.2012 09:00

Un ancien ministre et théoricien historique du parti Baath à la tête de la CENI d'Aziz

Memmed Ould Ahmed est l'une des figures historique du Parti Baath en Mauritanie. Il fit partie des baathistes emprisonnés par Ould Haidalla.

Memmed Ould Ahmed est l'une des figures historique du Parti Baath en Mauritanie. Il fit partie des baathistes emprisonnés par Ould Haidalla.

Les tractations en vue de mettre sur pied une Commission Electorale Nationale Indépendante entre la majorité du Chef de l'Etat et la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) qui regroupe trois partis anciennement membres de la Coordination de l'Opposition Démocratique semblent avoir abouti. Après que Mohamed Mahmoud Ould Sidi Bouna ait décliné l'offre de la présider, le choix s'est porté sur Monsieur Memmed Ould ahmed.

Un décret a été promulgué en Conseil des Ministres précisant une sorte de "dix commandements" auxquels doivent se plier les membres de cette commission :

1- avoir un diplôme d'un niveau correspondant au moins à la Licence (Bac+3) ou 20 ans d'expérience en qualité de cadre A de la Fonction Publique ou équivalent. Etre retraités sera un plus.

2- avoir des aptitudes réelles dans le domaine de la communication et du travail social et avoir une bonne connaissance de la géographie et de la sociologie du pays;

3- avoir de bonnes références dans le domaine de la gestion administrative tant publique que privée. Une expérience dans le domaine des élections sera appréciée;

4- être connu pour son indépendance d'esprit, sa loyauté et sa rectitude morale;

5- ne pas avoir milité, lors des dix dernières années, au sein de partis politiques ou d'institutions apparentées ou de groupuscules ou d'organisation de la société civile véhiculant des idées contraires à la cohésion sociale ou aux valeurs culturelles et religieuses du pays;

6- ne pas avoir de liens dommageables aux intérêts du pays avec un Etat étranger;

7- ne pas être lié, lui ou son conjoint, par une relation de premier ordre avec un chef de parti ou un membre du gouvernement;

8- ne pas avoir d'intérêt particulier (économique, social...) avec un chef de parti ou un membre du gouvernement;

9- ne pas avoir occupé, lors des dernières années, une haute fonction dans l'administration notamment: Ministre ou assimilé, Secrétaire Général, Hakem, Wali ou membre des Forces de l'Ordre ou de Sécurité;

10- ne pas avoir occupé de poste électif lors des dix dernières années.

Lors de sa dernière intervention télévisée, Messaoud Ould Boulkheire avait exprimé son embarras à trouver des Mauritaniens capables de remplir un tel cahier de charges. Il semble qu'il en a, finalement, trouvé trois dont il voulait même en proposer un à la présidence de la dite CENI. Il s'agit de Monsieur Abdallahi Ould Sweidahmed (Vétérinaire). Le choix ne semble pas lui avoir donné raison.

On rappelle que le décret de création de cette CENI avait été retoqué par le Conseil Constitutionnel qui lui reprochait d’empiéter sur ces prérogatives notamment pour ce qui est du contrôle de la recevabilité des candidatures et la proclamation des résultats. Le Conseil des Ministre a donné raison au Conseil Constitutionnel. Le même Conseil Constitutionnel avait aussi déclaré la disposition précisant que les membres de la CENI devaient être âgés d’au moins 60, illégale. Cette  disposition a été retirée mais Ould Abdel Aziz et Messaoud se seraient entendus sur le fait de ne proposer que des personnes âgées.

En fin, il convient de préciser que les membres de cette CENI devraient être proposés, de façon paritaire, par la Majorité et l’Opposition. Mais l’histoire ne précise pas de quelle « Opposition » s’agissait-il ? Il n’en demeure pas moins vrai que la seule « Opposition » reconnue par la Constitution est « l’Institution de l’Opposition Démocratique » que devrait présider le chef (ou un membre) du groupe parlementaire le plus important de l’Opposition. Ce ne pourrait être ni Messaoud ni Boidjel.